Plusieurs centaines de milliers d'anciens élèves des lycées français de l'étranger se souviennent  avec nostalgie de leur scolarité. Amitiés profondes, multiculturalisme, valeurs communes, qualité de l'enseignement…ces anciens ont la sensation d'avoir vécu une expérience forte. Pour renforcer ces liens, la toute jeune association des Anciens des lycées français du monde leur donne rendez-vous à Casablanca le 23 avril

Plus de 470 établissements scolaires, dans 130 pays, proposent un enseignement conforme à l’exigence des programmes de l'Éducation nationale française. Ils sont pilotés et animés par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et la Mission laïque française (MLF). Plus de 250.000 élèves, dont 100.000 Français, y sont scolarisés. Qu'ils soient de Varsovie, de Hong Kong ou de Johannesburg, qu'ont-ils en commun ?

Hormis la langue et la culture françaises, bien entendu, les lycées français à l'étranger se veulent porteurs de valeurs universelles : tolérance, humanisme, égalité des chances, curiosité intellectuelle, promotion de l'esprit critique... Les anciens reconnaissent en effet l'importance du multiculturalisme, de l'égalité des sexes ou de la laïcité.

Axelle, ancienne du lycée Stendhal de Milan, garde un excellent souvenir de l’ambiance "très bon enfant, de camaraderies très fortes, enrichies par le vécu de jeunes venant d’endroits très différents. Ce n’était pas une vie scolaire intégrée à un quartier, ses activités, ses manifestations, mais un groupe de personnes plutôt solidaires, évoluant dans une ville étrangère avec un fonctionnement propre et un langage propre. Nous étions dans un contexte hyper privilégié, une espèce de cocon très agréable mais tout de même assez déconnecté de la réalité".

Eric, ancien du lycée français de Mexico raconte que les élèves y ont développé un sabir, mélange de français et d'espagnol, compris uniquement dans l'enceinte du lycée. Un particularisme vrai également pour Axelle : "Ah, le langage de l’école française de Milan !!! Ces mélanges franco-italiens propres à notre établissement que nul autre Français ne peut comprendre... Nous, nous allions à la 'panet' chercher des 'lattines' (comprendre 'à la boulangerie chercher des canettes de boissons') !"

Un réseau d’excellence

Dynamique et ouverte, la scolarité à l'étranger offre une formation particulièrement enrichissante. Clément, ancien du lycée français de Tokyo, a trouvé que c'était une expérience "qui ouvre les yeux !! Une prise de conscience du retard en terme de niveaux de langues en France, des effectifs réduits, une réelle diversité en terme de profils, des profs purement géniaux...J'en garde un souvenir ému !"
L'expérience de Valérie à Bangkok lui fait dire que "les lycées français à l'étranger sont plus "humains", le CPE est plus proche des parents, les échanges se font plus facilement". Une qualité de contacts qui manque aussi à Estelle, de retour en France après quelques années en Asie : "En France, si on gagne en mixité sociale, on perd en mixité culturelle. Nous découvrons de plus les joies du collège public : absentéisme récurrent des professeurs, faible implication de l’encadrement, stimulation a minima des élèves, dialogue très limité avec les familles… Tout le contraire du lycée français de Singapour ! La comparaison nous confirme que l’enseignement au LFS était vraiment de grande qualité, sans parler bien sûr de l’environnement bilingue qui est un immense atout."

Le taux de réussite au baccalauréat dans le réseau de L'AEFE est de 94 %, ce qui témoigne de l’excellence de l’enseignement qui y est dispensé. Chaque année, près de 12.000 bacheliers sortent des établissements du réseau, dont 37 % d’élèves français et 63 % d’élèves étrangers. Pour Axelle, "cet élitisme est porteur et stimulant pour les élèves mais par contre nous étions très limités dans le choix des diplômes. Cela implique l’obligation de partir dans des voies générales pour tous. L’avantage était qu’il n’y avait pas de dispersion, puisque les élèves peuvent finalement faire toute leur scolarité de la maternelle à la terminale avec les mêmes camarades de classe".

Des souvenirs à partager

Retrouver ses amis d'enfance est toujours amusant et émouvant. Le succès en France du site Copains d'avant, un réseau social qui propose de retrouver ses anciens camarades de classe, le prouve. Facebook joue aussi un grand rôle dans les retrouvailles. Ky était au lycée Descartes de Phnom Penh "dans les années 70, avant la prise de PNH par les Khmers Rouges ! De quoi garder des liens indéfectibles avec les copains d'alors...ou leur mémoire. Nous nous sommes retrouvés, revus, avec bonheur, fraternité et émotion, entre anciens élèves ... et professeurs !" Ky explique que Brigitte, responsable de l'amicale des anciens du lycée Descartes, a commencé ses recherches à partir de 1985. "Elle a abouti à plus de 1500 noms. Elle a organisé des retrouvailles autour d'une soirée, diner ... Un sur Paris, puis un dans le sud de la France, puis un au Cambodge. Nous nous retrouvions à un peu plus d'une centaine sur Paris. Les contacts s'établissaient par courrier postal, mail, téléphone. Puis le relais a été pris l'année dernière par un autre ancien, Luc, qui a découvert Facebook. Les retrouvailles ont alors pris une autre tournure, le contact est plus permanent. Via Facebook, il y a plus d'intimité aussi, plus de souvenirs partagés avec des photos que chacun poste sur le site. Une nouvelle énergie est venue dynamiser le groupe (plus d'une centaine)."

Après son bac, Axelle a coupé les liens avec ses amis de Milan, avant d'éprouver par la suite l'envie de renouer le contact: "Je pressentais qu’il y avait d’autres choses à voir et j’avais besoin d’aller à la découverte d’autres mondes … vaste programme, je suis partie vivre en France ! Aujourd’hui c’est un grand plaisir que de nous retrouver, d’évoquer cette époque là et de mesurer le chemin parcouru pour chacun. Nous nous retrouvons avec le sentiment d’avoir en commun une expérience particulière qui nous lie".

Structurer le réseau des anciens

Pour structurer le réseau des associations locales, les amicales d’anciens et les initiatives isolées d’anciens élèves, l'association Anciens des lycées français du monde (ALFM) a vu le jour le 10 avril 2010. En effet, il n’existe aujourd’hui que quelques associations d’anciens élèves, très peu au regard du nombre d’établissements du réseau d’enseignement français à l’étranger. "Nous sommes des centaines de milliers d’anciens du réseau d’enseignement français à l’étranger, de toutes origines, à posséder une culture commune, à avoir connu une expérience similaire. Quels que soient nos âges, nos parcours professionnels et nos vies, nous partageons des valeurs universelles", peut-on lire sur le site de l'ALFM.

Son objectif ? Etre un "trait d'union entre tous les anciens", mais aussi accompagner les étudiants issus des lycées français de l'étranger, soutenir les établissements et valoriser l'ensemble du réseau scolaire. En mars 2009, un Forum mondial des anciens élèves du réseau avait réuni plus de 300 anciens élèves. L’association a prévu d’en organiser un deuxième à Casablanca, le 23 avril 2011. Y sont conviés tous les anciens élèves qui souhaitent vivre "un moment de rencontre et de partage inoubliable" et participer à l'essor et au rayonnement de ce réseau.

Marie-Pierre Parlange (www.lepetitjournal.com) lundi 31 janvier 2011

En savoir plus :
Anciens des lycées français du monde : http://www.alfm.fr/
contact@alfm.fr Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

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http://www.dailymotion.com/video/x9i0ms_clip-du-foma-2009_news

   
 

 

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